Police municipale, quel format?

La loi du 5 mars 2007 consacre le rôle (et donc la responsabilité) du maire en matière de gestion quotidienne de la tranquillité publique.

Certains maires (Le Mans, Brest, Issy-les-Moulineaux, Nanterre…) refusent la création d’une police municipale. En regardant de près on voit qu’ils mettent en place des « gardes urbains », des « médiateurs de l’espace public », des « inspecteurs du domaine public »…

A Poitiers, point d’hypocrisie. Tant mieux !

Nous estimons le propos liminaire de la délibération bien tourné et nous y souscrivons. Je cite :

- « juste équilibre entre prévention et sécurité »

- « mission de médiation et de proximité avec la population »

- « une présence rassurante fondée sur l’écoute et le dialogue »

Et vous évoquez la continuité des actions entreprises précédemment

J’avais discuté avec le Procureur de la république, il y a un an. Il se félicitait des bons rapports et de la bonne collaboration entre les services tout en soulignant la faiblesse des effectifs municipaux.

Nouvelles missions nécessitant une nouvelle convention… dont acte.

Pour nous la nouveauté tient essentiellement aux prestations décrites dans l’article 1 : « Présence et surveillance générale dans toute la ville »

C’est-à-dire et je vous cite encore : « une présence humaine identifiée et constante dans tous les quartiers ».

Ensuite vous décrivez :

- la mission de surveillance de la circulation et du stationnement

o avec détail de la mise en fourrière,

- la surveillance d’événements d’envergure

- la garde statique des bâtiments communaux

Puis on passe aux articles qui décrivent les modalités de la coordination et on comprend qu’il y aura moins d’épaves dans les quartiers (c’est heureux !)

Mais, concernant l’article 1 : « Présence et surveillance générale dans toute la ville », il y a loin des principes, excellents, à leur mise en œuvre.

Effectifs de la police municipale :

- au 31 décembre 2006 : 13 agents (0.82 % des effectifs)

- au 31 décembre 2007 : 14 postes budgétés, 13 pourvus (0.78 %)

- au 31 décembre de cette année : une quinzaine ?

de De notre point de vue entre 25 et 30 policiers municipaux semblent necessaires pour couvrir avec quelque efficacité l'ensemble de notre territoire communal.

En outre, quelle organisation, quelle gouvernance allez-vous mettre en place pour que cette présence soit coordonnée et efficace ?

Pour mettre en œuvre l’article 1, selon les principes retenus « prévention, médiation, proximité, formation », nous agirions de la façon suivante :

- Augmentation progressive du nombre de policiers municipaux, formation de ceux-ci

o avec 15 policiers municipaux… point de présence réelle sur le terrain

o Pourquoi ne pas faire appel à des candidatures volontaires au sein de la mairie ?

- Nomination d’un directeur de la police urbaine, parce qu’il faut un coordinateur investi et responsable à vos côtés

- Organisation de la présence « rassurante, identifiée et constante » des policiers municipaux par secteur

o Nous prônons un îlotage modernisé : les habitants doivent reconnaître et connaître leurs policiers de proximité. Ceux-ci doivent être en contact étroit avec les structures sociales de proximité.

Enfin, nous réaffirmons notre opposition à l’armement de la police municipale et à la mise en place de la vidéo surveillance (hors points extrêmement sensibles et zones d’activités où elle peut s’avérer utile).

Et puis, nous souhaitons l’amélioration de l’éclairage public et la rénovation des parkings les plus anciens (Rivaud est emblématique).

Nous voterons cette délibération en espérant que sa mise en œuvre ira dans le sens de nos préconisations.